04/02/2026
Pour la seconde fois, le conte était « présent » (c’est beaucoup dire...) au BIS de Nantes, les 21 et 22 janvier, sur le stand de l’UFISC, où le RNCAP était représenté par Audrey Bellia Sauvage, sa coordinatrice ainsi que « Le Grand Lieu du Conte » avec Elisabeth Chouteau son administratrice .
Nous avons été quelques conteurs et conteuses à faire résonner nos voix et nos histoires. (F.Barret, C. Lavenèque, E. Turbé, J. Guillon, J. Combe, F. Desnouveau). Nous étions là, trop peu nombreux, mais debout. Par petites touches, par élans spontanés, nous avons raconté, semé des récits, créé un happening vivant pour faire exister le conte au cœur de ce vaste bazar qu’est ce marché des arts du spectacle.
Des amis et compagnons de route sont venus nous saluer : J. Qanari, Mouch’(ou était-ce Mme la ministre de la culture Rachida Dati ?... je ne sais plus), F. Morronne et Marion de la Maison du Conte ont traversé la foule pour partager un moment avec nous, comme pour rappeler que le conte, même discret doit être soutenu dans son désir de reconnaissance.
Car le constat est brutal : au BIS, le conte n’existe pas, il est invisible. Rayé des programmations, absent des débats, ignoré des grandes vitrines culturelles. Pendant que le salon déborde de propositions, notre art est relégué aux marges, comme s’il ne comptait pas, comme s’il n’était pas un art à part entière.
Alors, raconter au milieu de cette foule n’était pas un simple geste dérisoire, poétique ou décoratif : c’était un acte de résistance. Tenter de rendre audible nos histoires au milieu de la marée de stands, de logos, de plaquettes et de propositions en tout genre fut un geste héroïque et symbolique. Sans doute dérisoire face au tsunami d’offres artistiques représentées au BIS, où le conte brille— tristement — par son absence. Et pourtant, ce geste avait du sens : celui d’affirmer que notre art existe, qu’il a sa place, qu’il mérite d’être entendu au même titre que les autres formes.
Dès à présent faisons le voeux d'un BIS 2028 avec un vrai stand dédié pour le conte.
Réunir 2 500 € afin de financer ce stand, porté par plusieurs structures et réseaux. Ce stand devrait devenir un point de ralliement, un lieu de débat.
Nous y ferions également une table ronde officielle ou un atelier sur le conte : ses enjeux, ses formations, ses réalités économiques, ses publics, et son rôle dans le paysage culturel.
Faisons le voeux aussi que celles et ceux que l’on met en vitrine, les « têtes de gondole » du conte, utilisent leur visibilité, leur reconnaissance, leur pouvoir de résonance pour faire du bruit avec nous. Qu’ils nous rejoignent. Qu’ils s’engagent.
Faisons le voeux que plusieurs structures et institutions se joignent à cette dynamique, afin que le conte puisse enfin être reconnu comme un art à part entière, visible et légitime dans les grands espaces professionnels comme le BIS...et d’autres !
Dans le monde du spectacle vivant le conte ne demande pas un privilège, mais la reconnaissance de sa spécificité.
Il est temps de lui donner la place qu’il mérite.