VOUS AVEZ DIT "NOUVEAU CONTE" ?...

13 décembre 2016

VOUS AVEZ DIT "NOUVEAU CONTE" ?...

On  parle désormais de « néo-conteur », de "nouveau conte", mais au fond, le conteur est-il vraiment un homme de «spectacle» ?

Certains le décrivent même comme «chercheurs, auteurs, dramaturges, acteurs, autant de facettes qui caractérisent la figure du conteur» (Projet ICAR de la Maison du Conte et le Centre de Production de Paroles Contemporaines de Rennes, et la scène des arts de la parole de Pont-Scorff)

 

L'APAC (Association Professionnelle des Artistes Conteurs) dans sa définition de l'art du conte, précise: «...l'artiste conteur est relié de manière fondamentale à la tradition du conteur et non à celle de l'acteur. »

Alors ?...

Mais voilà, notre monde aujourd'hui a bien des égards est marqué par la dictature de la séduction et de la gonflette. On accorde souvent plus de crédit à ce qui se présente sous une forme habile, avec une technique de virtuose. On privilégie de plus en plus le simple effet sur le sens profond. Le spectaculaire est devenu une valeur. Voyez la politique...

 

Est-ce à cause de cela que la grammaire théâtrale et "les feux de la rampe" fascinent de plus en plus d'artistes conteurs pour raconter des histoires ? A moins que cela soit le seul chemin viable qu'il faille emprunter pour survivre et rendre visible le conte auprès du public  ? Au risque de se faire enfermer dans un nouveau genre auquel il faudrait à tout prix se conformer...

 

Et si nous, artistes de la parole, on essayait moins de vouloir «rhabiller» systématiquement notre parole d'éléments de «modernité», mais plutôt on cherchait avant tout l'essentiel de notre récit et sa pertinence pour notre monde d'aujourd'hui ?

 

Raconter une histoire, à voix nue, avec sa simple mais profonde humanité, voilà bien un chantier à (re)conquérir après avoir trop utilisé les «stratégies du spectaculaire».

 

Sinon, dans ce monde en perte de sens, on aura l'air malin avec nos histoires...gesticulées.

 

Jacques

À QUOI SERVONS-NOUS ? LE(S) LABO(S) D'ABBI PATRIX À LA MAISON DU CONTE DE CHEVILLY